L’interview en vidéo c’est ici :

Patrick Peter, comment tout cela est-il né, d’où vous est venue cette volonté de mettre l’automobile ancienne à l’honneur ?

P.P : Au départ, avec ma femme, nous étions une agence de relations publiques. En 1983, les organisateurs des coupes de l’âge d’or à Monthléry nous ont contactés afin de trouver des partenaires et des sponsors. Nous avons été enthousiasmés par l’événement mais avons trouvé l’organisation un peu ‘légère’. Faisant partie d’une génération qui aime la voiture, nous avons décidé de faire grandir l’événement, pour en faire, en 1986, le grand prix de l’âge d’or ‘Lanvin’. Qui deviendra un des deux plus grands festivals de la fin des années 80.

On vous connait pour les énormes succès comme le Tour Auto, Le Mans Classic ou encore Chantilly, mais existe-t-il des épreuves sur lesquelles vous n’avez pas rencontré le succès escompté ?

P.P : Un parcours sans accrocs ça n’existe pas. Certains grands noms nous ont fait rêver, la Targa Florio, le Ventoux, la F2, mais n’ont pas fonctionné. Des bides, il y en a eu ! Une course historique représente énormément de travail, d’investissements, en temps et financiers. A titre d’exemple, le concours d’élégance de Chantilly a été lancé en 2014 et arrive à peine à l’équilibre au bout de 5 ans. Il faut compter une moyenne de 5 éditions afin de commencer à avoir un événement rentable, car on ne peut pas les organiser ‘à l’économie’.

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Le Tour Auto va bientôt débuter. Cette course sur routes ouvertes et sur circuit devient un incontournable. Cette année, vous faites une étape à Monthléry. Comptez-vous faire de ce lieu mythique une étape récurrente ? Un futur événement ?

P.P : Le Tour Auto part systématiquement de Paris pour ensuite rejoindre le Sud. Il y a eu plusieurs spéciales à Monthléry, il y en aura une cette années et pourquoi pas d’autres sur les prochaines éditions. Mais aujourd’hui l’autodrome n’est plus adapté pour faire un grand meeting et accueillir beaucoup de public. Les parkings ont disparu, la volonté de l’Utac est d’en faire avant tout une activité de laboratoire automobile, la course n’étant plus essentielle pour eux. Refaire l’Age d’Or nécessiterait une réhabilitation trop onéreuse de l’anneau.

Au Mans Classic, vous avez réussi le tour de force depuis bientôt 10 éditions de pouvoir obtenir le ‘grand tracé’. Cela contribue à la magie du Mans Classic. Pouvez-vous m’en dire plus ?

P.P : Ca n’a pas été facile ! Tout d’abord les budgets à mettre en œuvre étaient considérables. L’ACO (Automobile Club de l’Ouest, propriétaire du circuit) préconisait d’utiliser le petit circuit, le Bugatti, tout comme la mairie du Mans qui ne souhaitait pas perturber la circulation. Mais pour moi Le Mans, ce sont les Hunaudières, Arnage, Mulsanne, ou ce n’est pas la peine de faire un tel événement. Ces noms symboliques changent tout, la première année fut un gouffre financier mais au final cela a donné lieu à des retours fantastiques, c’est là qu’il faut être persistant. Pour un collectionneur c’est un rêve absolu.

L’édition 2020 du Mans Classic fêtera ses 20 ans. A quelles surprises pouvons-nous nous attendre ?

P.P : Pas pour le moment ! Mais l’événement démarrera encore plus tôt ; le jeudi après-midi les paddocks seront ouverts. Ce que l’on souhaite c’est que les gens soient très fatigués le dimanche soir. Ce que je peux dire c’est que de grands pilotes sont annoncés : Nelson Piquet ou encore Fernando Alonso.

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Le monde automobile est en pleine mutation, hybridation, électrification, et en même temps on sent un intérêt croissant envers l’auto classique. Pensez- vous qu’on puisse y trouver un lien de cause à effet ?

P.P : Le phénomène ‘voiture électrique’ est assez récent ; la voiture ancienne connait un succès depuis plus de 30 ans. Il y a de la nostalgie, comme pour le design ou la mode. Les restrictions concernant l’automobile moderne devenant de plus en plus drastiques, avec des voitures ennuyeuses à conduire, amènent à l’automobile ancienne. Rétromobile, Le Mans Classic, le Tour Auto, les ventes Artcurial créent et animent un écosystème dont la France est un pilier.

Acteur essentiel dans le monde de l’automobile ancienne, Peter Auto s’appuie sur les richesses nationales pour confirmer la position française sur la scène internationale de l’automobile classique.  Enraciné au cœur des plus beaux événements, Patrick Peter n’en reste pas moins attentif à l’avenir. Nous pouvons compter sur lui pour profiter encore longtemps de nos belles anciennes.

 

Source forbes.fr

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